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Vers un meilleur remboursement d'un généraliste hors médecin traitant ?

Nouveauté - Publiée le 31/01/20
Selon Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance Maladie, 5,4 millions de patients n’avaient pas de médecin traitant en France en 2019 (1) .

Médecin traitant : de quoi s’agit-il ?

Le médecin traitant est le médecin que vous choisissez pour vous soigner au quotidien. Il peut s’agir d’un médecin spécialiste ou généraliste. Tous les assurés ou bénéficiaires d'une couverture maladie de 16 ans et plus sont invités à choisir et déclarer un médecin traitant afin de bénéficier d’un meilleur suivi médical et d’une prévention personnalisée.

Votre médecin traitant est votre interlocuteur privilégié. Il est vivement recommandé de le solliciter en première instance avant toute consultation d’un médecin spécialisé (2). Grâce à sa connaissance de votre dossier, il saura vous orienter vers le spécialiste le plus adapté à votre état de santé : il s’agit du parcours de soins coordonnés.

En respectant cette démarche, vous bénéficierez d’un meilleur remboursement de vos frais de santé : 70% de la consultation est remboursée par l’Assurance maladie contre 30% si vous consultez directement un spécialiste.

Quels sont les freins dans le choix d’un médecin traitant ?

Malheureusement, accéder à un médecin traitant n’est pas chose aisée pour tous.

Depuis 1971, le « numerus clausus » limite le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine. L’objectif de ce dispositif est de réguler l’accès aux professionnels de santé et de sélectionner les meilleurs profils. En 2019, environ 9 300 places étaient disponibles. Aujourd’hui, le numerus clausus ne permet pas de compenser les départs en retraite des praticiens. Il devrait être abandonné dès la rentrée 2020 pour palier à la demande croissante de praticiens.

Autres freins au choix d’un médecin traitant : la disponibilité et l’accessibilité. Si certains territoires concentrent un grand nombre de praticiens, d’autres sont délaissés. On parle de « désert médical » pour désigner les zones où la densité médicale est faible. Outre le nombre de praticiens, c’est également le délai avant d’avoir un rendez-vous ou encore le temps de trajet depuis le domicile qu’il faut prendre en compte pour identifier ces zones (3).

Enfin, outre la pénurie globale de praticiens, une enquête de l’UFC-Que Choisir menée en novembre 2019, a révélé que 40% des généralistes refusent de nouveaux patients. La raison ? 71% déclarent avoir déjà trop de patients, et 14% invoquent un départ prochain à la retraite.

Quel impact sur les remboursements ?

Les difficultés d’accès à un médecin traitant réduisent le montant des remboursements de la consultation.

En effet, l’Assurance maladie rembourse 70% de la consultation d’un médecin traitant contre 30% dans le cas contraire. Sur la base d’une consultation à 25 € chez un médecin généraliste de secteur 1 sans dépassement d’honoraires cela représente respectivement 17,50 € ou 7,50 €.

Conscient des difficultés des patients pour bénéficier d’un médecin traitant et afin de leur éviter une « double peine », Nicolas Revel souhaite mettre en place un dispositif « sans application de pénalité, soit à hauteur de 70 % de la base de remboursement et de 100 % pour les personnes en affection longue durée ou les femmes enceintes » (4). 

Néanmoins, si cette mesure voit le jour, les patients devront répondre à une condition. Ils devront être en mesure de prouver qu’ils ont perdu leur médecin traitant et qu’ils en recherchent un autre activement. Sans cela, la pénalité subsistera…

(1) Magazine spécialisé Le Généraliste, janvier 2020

(2) A l’exception des praticiens en accès direct : gynécologues,  ophtalmologues,  psychiatres  (ou neuropsychiatres pour les patients entre 16 et 25 ans) et stomatologues.

(3) Atlas de la démographie médicale en France, Ordre National des médecins, Janvier 2018
(4) https://www.senat.fr/

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